deux oeuf sourire

T’avais des bouchons de bière à la place des yeux pis des traces de draps dans la face. T’avais dormi avec pas d’oreiller, ça se voyait à la couleur de ton humeur, à la façon dont tes cheveux disaient «on s’en criss».
C’est quand même toi que j’ai trouvé le plus beau dans la place.
Je me doutais jamais qu’un jour tu me cruiserais en ouvrant des pots de crème glacée, qu’un jour tu me dirais que j’ai les cheveux en corneille, je sais pas tsé, le resto se prête pas trop à ce genre d’espoirs.
Moi je la voyais pas la magie, la poésie, la beauté, ce matin là au resto graisseux. Je trouvais ça vraiment laitte.
Mais y’avait toi.
Pis tes yeux bouchons de bière.
T’as réussi à me dessiner un sourire ou du moins c’est ce que j’ai compris, peut-être tu souriais juste à la serveuse (t’es un gars poli), moi j’ai toujours pensé que c’est à moi que tu souriais. Je t’ai jamais posé la question en fait. C’est tu à moi tu souriais bébé dino?
Quoique même si je le savais, aujourd’hui, ça changerait pas grand-chose. Moi j’aime ça croire que c’est à moi que tu souriais.
Que c’est à cause de ça que je t’ai souri.
À cause de ça que la serveuse deux-yeux-pochés-bouche-de-cigarette m’a dit en un clin d’œil que c’était beau l’amour, que c’était cute la jeunesse, en te regardant, en me faisant un clin d’œil, je sais plus.
C’est très flou tout ça. Si toi t’avais les yeux bouchons de bière, j’avais très certainement l’intelligence dans les vapes. Je serais jamais allée manger toute seule au resto sinon tsé.
D’un sourire à l’autre t’as laissé tomber tes yeux bouchons de bières dans mon café. T’as souri. Cette fois là j’étais certaine que c’était pour moi. T’étais en face. Genre très proche.
T’as dessiné des émotions sur une napkin. Ça ressemblait à des barbos. C’était pas beau mais c’était pas de ta faute. Il était encore tôt. J’ai le pardon plus facile le matin, t’as eu de la chance.
J’ai eu envie de me mettre les barbos dans la face, de me mettre tes barbos de gars pas sur du cœur dans face, les envelopper, les transformer en chaleur, les faire disparaître. J’ai eu envie que tes barbos se transforment en «ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants», avec toi, mais sans le bout avec les enfants, parce que les enfants=beurk, c’est rien de nouveau pour moi.
T’as pas dit grand-chose mais ta face me disait «oui, oui, oui! je veux que mes barbos t’appartiennent mais watch out, mes bobos de cœur viennent avec, je vais te barbouiller le cœur, mais avec mes couleurs, ça va être quand même beau, aie pas peur, c’est laid les filles qui ont peur, souris moi plutôt, donne moi ton ok en me montrant les dents, pas les crocs, juste des dents de sourire».
Faque je t’ai souri.
Pis c’est ça tsé.
Le reste est déjà écrit.
Les barbos que tu me dessines sur le cœur. Tes peines que tu m’étampes sur les joues. Mais c’est toute all-right.
Toute, toute toute all-right.

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