Bon dodo

Avec l’automne-hiver-printemps, ce mois-ci, j’ai pas besoin de parler à personne.
Brûler mes écorces de peau de fille qui a peur, qui a eu mal, qui comprend pas.
C’est que je suis malheureuse.
Pas de façon forte et ponctuelle.
C’est lancinant.
Et soutenu.
Permanent.
Ça donne pas envie de faire grand-chose sinon que rouler des joints pour même pas les fumer.
S’occuper les doigts.
Les distribuer, un à un, sur St-Denis, au coin où y’a la Rockette. Le monsieur qui récite des poèmes.
Non thanks j’le fumerai pas avec toi, j’trouve ça deg, mais gâte toi.
Gâte toi, moi je gâche toute.
Ça se ressemble. En terme de mots je veux dire. Genre que y’a pas beaucoup 
de lettre de différence entre gâte et gâche. Les deux ont même un chapeau de fête sur 
leur a, c’est pas pire.
Mais c’est bien différent dans la signification.
Anyways.
Je voudrais bien expliquer plus longuement en détail mais j’ai les doigts qui veulent juste 
s’occuper à rouler des affaires.
Rouler ton malheur en boule, le mettre en dessous du fauteuil du psy.
Rouler mes yeux, jouer aux bébés quilles avec.
Rouler du papier, en faire des poteaux, une échelle, de quoi de poétique là.
Rouler toute sorte d’affaires. Pour penser à rien d’autre. Ça revient toujours à ça. Faire le vide.
Pendant ce temps-là, pendant que je roule pis je que pense pas (ben un peu quand même, mais 
moins que d’hab), bref, pendant ce temps-là toi tu pourrais essayer de trouver le pourquoi 
du comment de la fin.
Tu pourrais trouver le courage de me dire la vérité, ou juste continuer à essayer d’oublier, 
je sais pas c’est quoi le mieux, pour vrai, c’est même pas du sarcasme. Limite tu pourrais essayer 
d’aller me chercher une étoile. C’est un peu quétaine sûrement mais tsé, je comprendrais pour 
une fois que tu tiens un peu à moi.
Tu pourrais juste sinon me faire de la crème brûlée.
Pis là, quand j’aurais finalement les doigts libres, je pourrais te rouler des larmes partout 
sur le corps, te rouler des larmes avec mes doigts, les transformer en diamants. Me semble ça ferait 
une pas pire histoire à raconter.
C’est l’hiver-automne-printemps y’a pu personne qui comprend. Quand ça va être l’hiver pour vrai, 
vas-tu vouloir me prendre la main?
Fumer des topes sur le bord du fleuve.
Compter les mouettes.
Manger mes cheveux dans le vent.
Nourrir notre incompréhension à coup de bouteilles de cidre.
Vas-tu vouloir?
En tout cas.
Je voudrais pas insister.
J’imagine que t’as besoin d’espace. De respirer.
T’as besoin d’une coupe d’affaires.
Mais rien de ce que je te donne.
C’est peut-être ça le problème au fond.
Pas être capable de te lire, tout décoder mais mal, pis pleurer.
Doucement.
Au creux de ton épaule.
Quand tu dors.
Pour pas que tu saches.
C’est pas grave.
Tsé.
Bon dodo.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s