my door is always open

Tu t’en souviens pas sauf que moi oui. On était là, t’avais une voiture même si c’est pas ton genre pis qu’on t’imagines plus en trottinette. Tu conduisais, t’avais l’air de jouer un rôle, celui d’un monsieur, celui d’un grand garçon. T’es pas un grand garçon. T’es un p’tit gars aux yeux d’artifices pis à la bouche invitante.
Tu m’as fait faire un p’tit tour de la ville, tu voulais pas me dire où on allait. Ça faisait ben mon affaire cette histoire de mystère, de « je te le dis pas come on devine on va où ».
Je sais plus quelle musique jouait mais si j’avais à gager, je miserais trois sourires sur Noah and the whale. C’était aussi l’époque où on voulait se partir un band de musique de rupture tsé.
On a fini par arriver au métro St-Michel. C’était l’hiver, c’était ghetto en criss surtout. J’étais pu sure d’être si down que ça avec ton idée de « wouuuh mystère » finalement.
Tu m’as pas pris la main mais c’est tout comme.
On a marché tranquillement tu continuais à parler de n’importe quoi.
Je t’écoutais pas.
C’était le photomaton le but de ta mission.
Ton préféré tu m’as dit.
On a pris des photos.
On était même pas beaux dessus.
Toi t’avais quand même plus d’allure que moi.
Sur la moitié des photos on se cache la face avec nos mains.
Moi j’aurais voulu te cacher la face avec mes baisers.
Mais c’est pas arrivé.
C’est pas (trop) grave.
Pas longtemps après tu m’as donné tes deux photos.
Dans des petits cadres de bois.
C’est la fois où tu m’as ouvert la porte pour qu’on se parle plus qu’avec nos yeux.
C’est la fois où je t’ai fermé la porte, où j’ai fermé mes yeux, où je t’ai pas laissé voir la larme qui capotait en dessous de mes paupières.
Pis tout ça aujourd’hui j’ai tu le droit de le regretter un peu, pis de te dire qu’on efface ça pis que tu dises « oui ok »?

Pas te faire peur

Pis comme si j’avais 16 ans encore on a fait l’amour sur l’album intégral de Paolo Nutini.
C’est vraiment pas si bon ça ressemble à de la genre de pop pseudo british,
mais j’ai tellement trippé dessus, j’avais même été le voir à Osheaga, pis avec mon amie on avait fouillé ben comme faut pour voir si y’avait une blonde, pour voir si on avait une chance. Évidement y’avait une blonde pis plus évidement encore on avait aucune chance.
Mais ça fait longtemps tout ça.
MSN existait encore.
Pis l’autre soir Paolo aurait pu sonner à ta porte que je lui aurais dit: « check ben beau gars, ça a pas vraiment d’importance que tu sois là moi je me suis trouvée un gars qui me donne envie de me partir un jardin, un gars qui porte tout le temps une tuque, un gars même pas tourmenté ».
Je lui aurais fermé la porte au nez à Paolo que ça aurait pas été long.
Dans ton cocon de ce presqu’autre pays, tout perd un peu son sens pis y’a des affaires plus grandes qui deviennent ma seule priorité.
En ordre ça donnerait: ton dos, tes bras, ton sourire et tes oreilles.
On peut les mettre dans le désordre ou toute les crisser ensemble en même temps, ça donne toujours quelque chose d’aussi beau pis vrai.
T’as même pas ri, chialé, dis « beurk kessé ça cette musique de pré adolescente même pas pré pubère? », en entendant Paolo.
T’as juste souri, tu m’as dit « ouin t’avais setté tes affaires ». Pis ça été tout. Ça été simple et sans tracas et sans souci. Comme tout le reste.
Je t’ai averti que j’étais pas simple pis que j’étais même fuckée comme on dit, pis que sûrement que tu devrais te tenir loin, pis que tu devrais essayer fort qu’on se revoit pas.
T’as pas répondu « freakout ». T’as juste souri (encore) pis tu m’as dit de me calmer, de profiter du moment pis que les petites folles filles comme moi ne te faisait pas peur.
Je t’ai cru
C’est ça qui arrive avec toi. Tu pourrais me dire « Sandrine t’as les cheveux blonds pis tu ressembles a Beyonce » que je te croirais. Tu pourrais me dire que le Terre est plate, que Dieu existe, que les humains sont en fait des extra terrestre, que je te croirais.
J’imagine que c’est beau. J’imagine aussi un peu que ça fait parti du charme des débuts. Mais je m’en fous (un peu). Je veux te croire et te laisser me prendre la main et nous imaginer en couple (aies pas peur) pis aller au marché Jean-Talon pis être un peu gossant tellement on est beau ensemble.
Mais je veux pas pousser ma luck pis te faire plus peur que ce que t’es capable d’en prendre.
Donc je vais m’arrêter là pis te souhaiter bonne soirée/bonne nuit/bon matin, whatever où t’es rendu.
C’est quand même déjà un pas pire début.

ton bain

C’est comme si la Terre était SPM pis avait décidé que c’était moi qu’elle faisait chier. «Kin toé, ce sera pas ta journée, ça en sera une de marde lalalilalère». En tout cas. J’ai juste envie de te texter encore et toujours des «blblblllbb» pour que tu me répondes que je freakout, pour que tu m’invites à venir prendre un bain chez toi. Juste me mette toute nue, sans que ça soit sexu, que tu me fasses couler un bain, que tu mettes même pas de mousse mais juste des sacs de thé, que t’allume des chandelles même si yé 2 heures de l’après-midi pis qui fait encore clair, qu’on écoute du Fiona Apple, pis que tu me regardes. Que tu me surveilles mais pas par peur que je fasse quelque chose de mal. Non. Plutôt par peur qu’il m’arrive de quoi. Une surveillance de protecteur, comme si j’étais un trésor, que je comptais pour toi.
Arrêter le temps un peu, ne pas penser à tout ce qui s’est passé. Pas penser à la fois où, pis tsé à l’autre fois où. Non criss. Juste une plénitude d’un moment qui nous appartient pas. Un moment que je volerais à notre bonne conscience, que je prendrais même si j’ai pas le droit. Juste parce que. Je veux. Tu veux. Ça me semble être une équation qui fonctionne pas pire.
Serais-tu prêt à me prendre la main, m’enlever mes vêtements un à un, pas de presse, pas de séduction, faire couler l’eau, t’asseoir à côté de moi, me regarder, me parler, me conter une histoire, celle que tu veux. Tu pourrais me raconter l’histoire de la fille qui avait le juste ton de voix, qui était toujours à sa place, celle qui fait chier un peu tsé. Tu pourrais aussi me raconter l’histoire du chien que t’as eu, des nombreux lapins que t’as eu, en profiter en même temps, m’expliquer pourquoi t’aimes autant les animaux.
Commander des sushis, boire des bulles, fumer à l’intérieur, se dire que ça aurait été le fun que ça marche. Pleurer un peu. Se raconter des souvenirs niaiseux, la fois de La Remise à 2 heures de l’après-midi. Rire. Pleurer parce qu’on rit pis qu’on le sait qu’on est en train de voler un moment, que ça nous appartient tout ça mais qu’on n’est pas supposé y toucher, y plonger dedans comme on le fait.
Mais c’est pas grave. Ça me fait du bien au fond je pense. Ça te fait du bien au fond, je pense, mais ça je suis moins sure. Je voudrais pu que tu me dises non. Je voudrais pu que tu me dises des méchancetés. Je voudrais qu’encore et toujours tu poses ta tête sur mes genoux pis que tu me dises «je m’ennuie de toi».
Je voudrais qu’encore et toujours t’accepte de me faire prendre mon bain. Qu’encore et toujours tu prennes soin de moi.
S’il te plaît.

deux oeuf sourire

T’avais des bouchons de bière à la place des yeux pis des traces de draps dans la face. T’avais dormi avec pas d’oreiller, ça se voyait à la couleur de ton humeur, à la façon dont tes cheveux disaient «on s’en criss».
C’est quand même toi que j’ai trouvé le plus beau dans la place.
Je me doutais jamais qu’un jour tu me cruiserais en ouvrant des pots de crème glacée, qu’un jour tu me dirais que j’ai les cheveux en corneille, je sais pas tsé, le resto se prête pas trop à ce genre d’espoirs.
Moi je la voyais pas la magie, la poésie, la beauté, ce matin là au resto graisseux. Je trouvais ça vraiment laitte.
Mais y’avait toi.
Pis tes yeux bouchons de bière.
T’as réussi à me dessiner un sourire ou du moins c’est ce que j’ai compris, peut-être tu souriais juste à la serveuse (t’es un gars poli), moi j’ai toujours pensé que c’est à moi que tu souriais. Je t’ai jamais posé la question en fait. C’est tu à moi tu souriais bébé dino?
Quoique même si je le savais, aujourd’hui, ça changerait pas grand-chose. Moi j’aime ça croire que c’est à moi que tu souriais.
Que c’est à cause de ça que je t’ai souri.
À cause de ça que la serveuse deux-yeux-pochés-bouche-de-cigarette m’a dit en un clin d’œil que c’était beau l’amour, que c’était cute la jeunesse, en te regardant, en me faisant un clin d’œil, je sais plus.
C’est très flou tout ça. Si toi t’avais les yeux bouchons de bière, j’avais très certainement l’intelligence dans les vapes. Je serais jamais allée manger toute seule au resto sinon tsé.
D’un sourire à l’autre t’as laissé tomber tes yeux bouchons de bières dans mon café. T’as souri. Cette fois là j’étais certaine que c’était pour moi. T’étais en face. Genre très proche.
T’as dessiné des émotions sur une napkin. Ça ressemblait à des barbos. C’était pas beau mais c’était pas de ta faute. Il était encore tôt. J’ai le pardon plus facile le matin, t’as eu de la chance.
J’ai eu envie de me mettre les barbos dans la face, de me mettre tes barbos de gars pas sur du cœur dans face, les envelopper, les transformer en chaleur, les faire disparaître. J’ai eu envie que tes barbos se transforment en «ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants», avec toi, mais sans le bout avec les enfants, parce que les enfants=beurk, c’est rien de nouveau pour moi.
T’as pas dit grand-chose mais ta face me disait «oui, oui, oui! je veux que mes barbos t’appartiennent mais watch out, mes bobos de cœur viennent avec, je vais te barbouiller le cœur, mais avec mes couleurs, ça va être quand même beau, aie pas peur, c’est laid les filles qui ont peur, souris moi plutôt, donne moi ton ok en me montrant les dents, pas les crocs, juste des dents de sourire».
Faque je t’ai souri.
Pis c’est ça tsé.
Le reste est déjà écrit.
Les barbos que tu me dessines sur le cœur. Tes peines que tu m’étampes sur les joues. Mais c’est toute all-right.
Toute, toute toute all-right.

Café craie

Rien pantoute que je voudrais qu’on fasse. S’inverser les yeux. Prends les miens, check, c’est de même que je te vois. J’peux bien prendre les tiens. Oh boy…c’est pas full beau de par chez vous non plus.
C’est tu juste moi ou c’est un peu morose? Le métro sent plus mauvais que d’hab’, c’est à peine croyable. Les bad hair day se sont transformés en everyday is a bad hair day. Mes jeans fittent pu, c’est lousse. Un peu lousse du cœur.
Je bois du café, ça goûte la craie, je me dis que c’est surement mes papilles qui sont virées sur top.
Calmez-vous.
Une chose à la fois.
C’est ce que tu me dis aussi. «Une chose à la fois petite fille, tu t’emballes pour des niaiseries. Un regard de travers n’est pas une menace de mort. Un mot croche t’enverras pas dans la fosse publique. Tsé, tu peux te calmer, me faire confiance, écouter ce que j’ai à te dire, prendre ça avec un grain de sel.»
Tu me dis tout ça, doucement, sans brusquer. Moi ce que j’entends c’est «blblbllblb» pis ce que je décode c’est «OMG FIN DU MONDE».
Pas de place pour la demi-mesure, juste du gros stress pis des angoisses quotidiennes. Pour me calmer j’essaie de boire de la tisane mais c’est vraiment dégueulasse, faut arrêter de se faire croire le contraire. Je vais prendre une marche. Le monde est laitte.
Arrêtez avec vos moustaches crime bine, c’est pas beau.
Pour me calmer, pour oublier, écouter Groenland, me dire «hey, ça va être okay, maman a fait de la lasagne.»
Me conforter dans la douceur, écrire des poèmes pourris :
Dans la lueur de tes yeux éteints
Le venin de tes souvenirs
Coule sur mon cœur de fer
Avoir envie de t’envoyer des textos vides, juste pour que tu saches que j’existe encore. Me faire chummy chummy avec le gars qui s’occupe des lampadaires pour lui dire de jamais les allumer. «Come on, on a juste une vie à vivre, on va faire ça un peu dangereux. YOLO criss fuck.»
Mais non.
Tu le sais que c’est pas ça. C’est plus, salut 9 à 5, bonjour café à la craie, coucou mijoté de bœuf pour souper, bye 22h dodo.
C’est ok de même. C’est transitoire. Reposant. Se refaire une santé qu’on dit. Avoir de l’énergie, du temps pour se concentrer sur soi. C’est ok. Plate un peu. Mais ok.
Bientôt je te promets que je vais essayer de faire du sens, comme y disent. Enligner mes idées, me brosser les cheveux, couper le café, traverser aux lumières. En attendant, faudrait bien que tu prennes soin de toi aussi. Même si c’est pas de mes affaires.

La maladroitesse

Je sais pas si c’est l’automne. Ou le vin. Ou le rouge à lèvres que je me suis mis tout croche. Ou tes yeux qui eux sont ben drette alignés. Ou mes cheveux qui sont plus courts que longs.

Je sais pas si c’est juste toi qui a les lunettes mal ajustées. Qui a mis un pull qui sent le fond de garde-robe. Des souliers de punk.

Je sais pas, c’est peut-être le mélange de nous deux. Mon top de tête qui arrive au départ de ton menton. Tes doigts exactement deux fois larges comme les miens. Nos fossettes qui existent pas.

Je sais pas c’est quoi qui s’est passé pour qu’on vire mal de même. C’est tu parce qu’on s’est dit dès le départ que ça serait tout croche? Ou juste parce que j’arrive pas à dealer avec toi pis que je suis pas capable de me l’avouer.

Je suis croche de l’intérieur de mon dedans de fille qui assume pas ses incongruités. Je suis toute pleine de la crochitude du chemin que j’ai choisi, celui qui est trop droit, celui que je voudrais me faire croire que peut-être qu’il m’a été imposé finalement. Pis aussi je dis tout ça mais je prends bien grand soin de mettre beaucoup de mots inutiles, pour camoufler la vérité en dessous de trois quatre couches de longues phrases sans virgule. Dans ta face Proust.

C’est peut-être aussi la température, le mois de novembre, le soleil qui a crissé son camp. C’est peut-être la faute de la rue Saint-Laurent qui est trop bruyante, trop plein de monde. Ça me gosse le monde. C’est sûrement juste la musique que j’écoute. Je le savais que Richard Desjardins c’était pas une bonne idée pour cette période là. Ça aurait été plus simple d’écouter du Katy Perry, croire les gens qui me disent qu’on se ressemble, dans ma tête leur dire ben voyons don’ caliss.

Je sais pas c’est quoi. C’est peut-être le genou que j’ai jamais voulu mettre par terre. Par force de caractère ou juste par pure innocence. Tsé, croire que tout va bien aller, que je peux réussir. L’échec existe pas, c’est un mot pour les autres, moi ça m’atteint pas.

Sauf que des fois, seule, entre deux livres que j’arrive juste à lire à moitié concentrée, je me dis criss fuck, l’échec je l’ai en pleine face pis c’est pas vrai que fermer les yeux c’est la best solution. Même si c’est facile.

Je mets ça sur le dos de la maladroitesse. Oui, oui, ce mot qui n’existe pas. Pis? J’ai toujours été un peu maladroite. Pas assez pour que ce soit cute. C’est pas de la maladroitesse de verres de vin cassés ou de petits orteils cognés sur le coin de mur. Je suis maladroite des sentiments, pis des humains, pis de toutes sortes d’affaires intangibles. C’est une maladroitesse qui crée toute sortes de remous, dans ma tête mais aussi dans le creux de mon ventre, là où c’est bas, là où y’a la mer.

Je voudrais être agile, être capable de naviguer sans peine, trouver un peu toujours les bons mots, le geste juste correct, celui qui passe bien.

Sauf que je suis meilleure pour sauter dans les flaques, éclabousser du malheur un peu partout, jusque dans tes longs cils.

Bon dodo

Avec l’automne-hiver-printemps, ce mois-ci, j’ai pas besoin de parler à personne.
Brûler mes écorces de peau de fille qui a peur, qui a eu mal, qui comprend pas.
C’est que je suis malheureuse.
Pas de façon forte et ponctuelle.
C’est lancinant.
Et soutenu.
Permanent.
Ça donne pas envie de faire grand-chose sinon que rouler des joints pour même pas les fumer.
S’occuper les doigts.
Les distribuer, un à un, sur St-Denis, au coin où y’a la Rockette. Le monsieur qui récite des poèmes.
Non thanks j’le fumerai pas avec toi, j’trouve ça deg, mais gâte toi.
Gâte toi, moi je gâche toute.
Ça se ressemble. En terme de mots je veux dire. Genre que y’a pas beaucoup 
de lettre de différence entre gâte et gâche. Les deux ont même un chapeau de fête sur 
leur a, c’est pas pire.
Mais c’est bien différent dans la signification.
Anyways.
Je voudrais bien expliquer plus longuement en détail mais j’ai les doigts qui veulent juste 
s’occuper à rouler des affaires.
Rouler ton malheur en boule, le mettre en dessous du fauteuil du psy.
Rouler mes yeux, jouer aux bébés quilles avec.
Rouler du papier, en faire des poteaux, une échelle, de quoi de poétique là.
Rouler toute sorte d’affaires. Pour penser à rien d’autre. Ça revient toujours à ça. Faire le vide.
Pendant ce temps-là, pendant que je roule pis je que pense pas (ben un peu quand même, mais 
moins que d’hab), bref, pendant ce temps-là toi tu pourrais essayer de trouver le pourquoi 
du comment de la fin.
Tu pourrais trouver le courage de me dire la vérité, ou juste continuer à essayer d’oublier, 
je sais pas c’est quoi le mieux, pour vrai, c’est même pas du sarcasme. Limite tu pourrais essayer 
d’aller me chercher une étoile. C’est un peu quétaine sûrement mais tsé, je comprendrais pour 
une fois que tu tiens un peu à moi.
Tu pourrais juste sinon me faire de la crème brûlée.
Pis là, quand j’aurais finalement les doigts libres, je pourrais te rouler des larmes partout 
sur le corps, te rouler des larmes avec mes doigts, les transformer en diamants. Me semble ça ferait 
une pas pire histoire à raconter.
C’est l’hiver-automne-printemps y’a pu personne qui comprend. Quand ça va être l’hiver pour vrai, 
vas-tu vouloir me prendre la main?
Fumer des topes sur le bord du fleuve.
Compter les mouettes.
Manger mes cheveux dans le vent.
Nourrir notre incompréhension à coup de bouteilles de cidre.
Vas-tu vouloir?
En tout cas.
Je voudrais pas insister.
J’imagine que t’as besoin d’espace. De respirer.
T’as besoin d’une coupe d’affaires.
Mais rien de ce que je te donne.
C’est peut-être ça le problème au fond.
Pas être capable de te lire, tout décoder mais mal, pis pleurer.
Doucement.
Au creux de ton épaule.
Quand tu dors.
Pour pas que tu saches.
C’est pas grave.
Tsé.
Bon dodo.